RDC – PAI – Les complices – FAO

FAO – Food and Agriculture Organization. Après les articles consacrés au PNIA – Programme national d’investissement agricole et 4 exemples de parcs agro industriels – PAIs, cet article fait suite à RDC – L’arnaque des PAIs – Les complices – Banque Mondiale 

Regards sur… 

La FAO, complice du développement des PAIs…

Sa position est ambiguë. Il y a :

  • D’un côté, ses « principaux objectifs, ses objectifs stratégiques » repris ci-dessous, l’Année internationale de l’agriculture familiale 2014, l’Année internationale des sols 2015 qu’elle a initiées, la lutte contre le gaspillage, etc.
  • Et de l’autre, ses engagements pour l’agriculture industrielle et « mondialisée» en particulier celle des PAIs en RDC … La FAO est par exemple, un des partners de emrc, agence de promotion de l’agro business très active dont le dernier forum s’est déroulé en mars 2015 à Kinshasa !

Plusieurs documents FAO situent l’avenir du Monde dans l’économie mondialisée, entendez gérée par les transnationales, seules capables de répondre aux besoins de l’Humanité… Alors qu’il est démontré par la même FAO que cette agriculture-là pose déjà d’énormes problèmes en termes d’économie globale, écologique et de justice sociale. Cette approche centrée sur le profit financier des « 1% de la population du Monde » représente une bombe sociale et environnementale faisant fi, des tendances vers une production agricole de proximité avec une approche agro écologique.

La FAO – PréseFAO-Logontation. A propos. Atteindre la sécurité alimentaire pour tous est au cœur des efforts de la FAO – veiller à ce que les êtres humains aient un accès régulier à une nourriture de bonne qualité qui leur permette de mener une vie saine et active. Source FAO

Nos trois principaux objectifs sont les suivants :

  1. Contribuer à éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition ;
  2. Éliminer la pauvreté et favoriser le progrès social et économique pour tous ;
  3. Gérer et utiliser de manière durable les ressources naturelles, y compris la terre, l’eau, l’air, le climat et les ressources génétiques, au profit des générations présentes et futures. 

Nos objectifs stratégiques

  1. Contribuer à éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition
  2. Rendre l’agriculture, la foresterie et la pêche plus productives et plus durables
  3. Réduire la pauvreté rurale
  4. Œuvrer à des systèmes agricoles et alimentaires inclusifs et efficaces
  5. Améliorer la résilience des moyens d’existence face à des menaces ou en situation de crise. 

Slogan…

« Œuvrer à des systèmes agricoles et alimentaires inclusifs et efficaces / Le financement de la chaîne de valeur agricole offre une possibilité de pouvoir réduire les coûts et les risques financiers et d’atteindre les petits agriculteurs / etc.  …»

FAO, partenaire des transnationales :

Le point 4. Œuvrer à des systèmes agricoles et alimentaires inclusifs et efficaces : cela veut dire quoi « systèmes inclusifs et efficaces » ? Réponse dans les extraits :

« Du fait de la mondialisation croissante, l’agriculture va cesser d’exister en tant que secteur indépendant pour devenir l’un des nombreux maillons d’une chaîne de valeur intégrée. …

Ceci représente un défi considérable pour les petits exploitants et les producteurs agricoles dans de nombreux pays en développement, car même les plus économiquement viables d’entre eux peuvent facilement se retrouver exclus de maillons importants de la chaîne. La raison en est qu’ils peuvent ne pas disposer des mécanismes qui leur permettraient de s’intégrer dans ce nouveau marché mondialisé. 

De même, les pays les plus pauvres, qui ne jouent généralement qu’un rôle mineur sur le marché mondial … Les marchés agricoles mondiaux deviennent plus intégrés ; avec l’augmentation des transactions à terme, ils deviennent aussi plus spéculatifs et donc plus risqués. 

Priorité à l’ouverture Les systèmes alimentaires et agricoles doivent s’ouvrir en reliant les petits producteurs (agriculteurs, forestiers, pêcheurs et les organisations qui les représentent) aux entreprises agroalimentaires et aux chaînes d’approvisionnement, afin de promouvoir leur participation effective et durable aux marchés nationaux, régionaux et mondiaux, qui évoluent rapidement. 

Établir des partenariats avec le monde des entreprises, principal acteur mondial.

Autre texte de la FAO – Financement des chaînes de valeurs

Les gains provenant des économies d’échelle, la mondialisation de la chaîne alimentaire et l’accès aux ressources attirent les sociétés multinationales et d’autres grandes entreprises agroalimentaires liées entre elles qui jouent un rôle de plus en plus important dans un secteur caractérisé par une intégration verticale et horizontale toujours plus grande. Les conséquences d’une intégration renforcée sont profondes, tout particulièrement pour les petits agriculteurs et pour tous les acteurs exclus des chaînes de valeur interdépendantes.

En bref, l’agriculture évolue vers un système moderne et très compétitif que conditionnent les exigences des consommateurs concernant une valeur ajoutée toujours plus importante, une demande croissante pour des produits transformés et des normes uniformes de sécurité et de qualité. Pour toutes ces raisons, le plan d’action mettant l’agriculture au service du développement s’est fixé comme priorité d’accroître la productivité, la compétitivité et la participation des petits agriculteurs dans les chaînes de valeur mondiales (Banque Mondiale, 2008).

Le financement de la chaîne de valeur agricole offre une possibilité de pouvoir réduire les coûts et les risques financiers et d’atteindre les petits agriculteurs. Source FAO – Financement des chaînes de valeurs agricoles – Chap1 Page1

Autre caractéristique : Les chaînes de valeur dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des produits agro-industriels. Les chaînes de valeur agro-alimentaires visent à accroître son avantage concurrentiel en collaborant à un projet réunissant des producteurs, des transformateurs, des spécialistes en commercialisation, des entreprises de services alimentaires, des détaillants et des groupes de soutien, comme des expéditeurs, des groupes de recherche et des fournisseurs. 

Une chaîne de valeur est, par définition, un partenariat stratégique entre des entreprises interdépendantes qui entretiennent des liens de collaboration pour apporter progressivement une valeur ajoutée aux consommateurs finaux, ce qui se traduit par un avantage concurrentiel collectif. Une chaîne de valeur est caractérisée par une collaboration axée sur le marché… Source www.omafra.gov.on.ca

FAO 7La FAO, PNUD, PAM, BM et autres organisations financières et de coopération sous prétexte de lutte contre la faim et de sécurité alimentaire, positionnent l’agriculture dans la chaîne de valeurs… spéculatives où l’alimentation (et donc la vie des gens) se joue comme n’importe quel titre de bourse !

Bizarre, non ? Alors qu’en même temps, l’ONU bataille pour le Droit à l’alimentation, comme droit universel ? Qui dit spéculation dit profit et perte. Les personnes qui peuvent acheter sont les riches… Une belle arnaque à laquelle ces organisations participent avec l’appui du gouvernement Matata sous l’égide du Président Kabila.

Le droit de l’homme à l’alimentation. Pour le Rapporteur spécial, le droit à l’alimentation est le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne. Source Haut commissariat aux droits de l’Homme

Entraide et Fraternité Appat du grain Page 9

Autrefois, l’un des mandats de l’ONU était de réguler et d’encadrer les activités des entreprises multinationales. Celles-ci étaient alors vues comme des acteurs « exerçant une pression excessive sur les Etats du Sud et responsables de certains aspects du sous-développement de ceux-ci ». Aujourd’hui, les partenariats entre multinationales et l’ONU se multiplient, de même que les programmes lancés conjointement. Source Entraide et Fraternité – L’appât du grain – Page 9

FAO / BM, les complices…

de l’arnaque du discours, celui du marché mondialisé

La « mondialisation » est présentée comme l’unique système économique possible, porté par l’un des plus énormes mensonges du libéralisme, vous savez le fameux « Laissez le marché libre, il s’autorégulera ». A cause de ces dérives dangereuses voire de pratiques criminelles de l’économie de marché, la situation mondiale n’a jamais été aussi inégalitaire et violente ! 

La FAO utilise des termes dont le cadre de référence n’est pas explicité et comme étant naturellement acceptés. Exemples, « normes volontaires » : nous savons ce qu’il en est de la « volonté » des entreprises mafieuses, des « bonnes chaines de valeurs », bonnes par rapport à quoi et lesquelles ? De « technologies non exclusives », lesquelles et au profit de qui ? « Le monde de l’entreprise, principal acteur mondial » Acteur de quoi, au profit de qui, dans quelles conditions ?  Mondial ? La FAO informe que Plus de 90% des exploitations agricoles sont gérées par un individu ou une famille ! Et à propos des « marchés équitables » (sic) cela prêterait à sourire s’il n’y avait pas autant de suicide dans le monde agricole partout dans le Monde !

Paradoxe : une tendance vers la préférence aux produits locaux est en croissance en Europe, aux Etats Unis, malgré le risque d’imposition du traité US EU qui est une autre forme de racket des transnationales sur les citoyens Pour en savoir plus : Tournai dit non au « TTIP »

« La FAO s’engage dans l’élaboration et la promotion d’accords, de règlements et d’autres cadres internationaux et régionaux propres à promouvoir un commerce loyal et sûr etc. » C’est à dire qu’elle participerait à l’élaboration du TTIP ou bien éviterait de se positionner clairement face à tous les accords arnaques initiés par les gouvernements US et UE successifs ?  A vérifier. Mais de nombreuses et pas des moindres organisations paysannes s’opposent au TTIP : Via campesina – Confédération paysanne – AlimenTerre – farmlandgrab.org – grain.org – etc. … 

« Elle continuera à promouvoir, entre autres, les normes internationales régissant la qualité et la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, par l’intermédiaire de mécanismes comme la Commission du Codex Alimentarius ». Ce fameux codex qui sert l’intérêt des majors de l’agro-industrie, de l’industrie du médicament et qui interdit le commerce de graines de variétés non industrielles, celles justement de l’agriculture familiale ! Comme référence, il y a mieux ! Source Commission du Codex Alimentarius & Critique du codex

La FAO s’inscrit clairement pour le développement des nouvelles dictatures, celles des transnationales de l’agrobusiness et des banques, car tout son raisonnement est basé sur l’importance de s’intégrer dans le nouveau marché mondialisé. Or ce fumeux marché mondialisé est détenu par des « majors » de l’agro alimentaire !

Du commerce équitable aux chaines de valeurs équitables – Oxfam Magasins du monde : Concentrations de pouvoir dans les chaines de valeur. La plupart des chaines d’approvisionnement sont caractérisées par une concentration très importante de pouvoir. … par exemple 90% du commerce de céréales est contrôlé par 4 acteurs (les « ABCD » ADM, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus) ou 75% du commerce des pesticides par 6 sociétés agrochimiques. Ces situations de monopole ou d’oligopole permettent à ces firmes de décomposer à volonté les chaines (en internalisant / externalisant et en regroupant / éclatant la production), avec comme résultat notamment une grande liberté pour fixer les prix et les conditions contractuelles.

Pour connaître ce que sont les « ABCD » et les enjeux de l’agro business :

Voir article consacré à la complicité de la Banque mondiale PAIs – L’arnaque des PAIs – Les complices BM, à la promotion de l’économie de marché et dénoncé largement dans l’étude Our land Our Business, 

Mythe 2 – Malgré le large éventail de solutions alternatives, les projets de la Banque Mondiale mettent l’avenir des paysans et de la sécurité alimentaire des pays entre les mains de marchés internationaux oligopolistiques (Ndlr Oligopole : Marché dans lequel il n’y a qu’un petit nombre de vendeurs, en principe de grande dimension, en face d’une multitude d’acheteurs), où trois entreprises – Monsanto, DuPont et Syngenta – contrôlent plus de 50% de la production mondiale de semences commerciales (Ndlr Avec Bayer et Dow = 60%). Pire encore, dans le but d’augmenter la production et de faciliter l’agro-business, la Banque Mondiale encourage les gouvernements à déréglementer les marchés d’intrants agricoles, créant ainsi le cadre légal pour une dépendance accrue aux producteurs industriels d’intrants et facilitant l’accès à des produits écologiquement dommageables

Slogan…

La nécessité d’une révolution de la productivité 

Articles qui contredisent de manière très pédagogique la « nécessité d’une révolution de la productivité » :

FAO Pertes et gaspillages alimentaires – Cliquez sur l’image pour accéder à la publication. Un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humainSave Food Gaspillage alimentaire 2011e dans le monde, est perdue ou gaspillée, ce qui représente environ 1,3 milliard de tonnes par an. Du stade initial de la production agricole jusqu’au stade final de la consommation des ménages, des pertes et gaspillages alimentaires sont constatés tout au long de la chaîne alimentaire. Les pertes alimentaires génèrent un gaspillage des ressources utilisées au stade de la production, telles que les terres, l’eau, l’énergie et les intrants, et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées (FAO, 2011) 

Nouvelle publication en .PDF FAO 2014, moins complète : Initiative mondiale de réduction des pertes et du gaspillage alimentaires

Global gâchis : le scandale mondial du gaspillage alimentaire & Le scandale du gaspillage alimentaire

Selon Notre planète infoManger autant de viande est une aberration pour l’environnement et la santé : … Selon les prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), il serait nécessaire de doubler la production agricole d’ici à 2050. En effet, pour produire un kilo de viande, il faut 7 kilos de céréales. Pour répondre à cette demande, il est possible d’augmenter la surface des terres cultivées, mais à quel prix ? Déforestation, monocultures intensives, utilisation de pesticides, d’OGM, destruction d’écosystèmes et perte de biodiversité…

Et que font les agro industriels de la RDC ? Produire du mais, du soja, du…  OGM pour alimenter le bétail ! Source parcagro.com Et pour y arriver détruire les forêts tropicales ! La forêt tropicale humide : les menaces Ben oui, ils suivent les préconisations de la FAO : voir référence citée plus haut et FAO – Financement des chaînes de valeurs agricoles – Chap1 Page1 ! 

Le paradoxe du capitalisme casino…

Les ambiguïtés de la FAO…..

En 2014, la FAO avait lancé l’année internationale de l’agriculture familiale : Nourrir le Monde, préserver la planète ! Voici ce que la FAO reprend dans sa plaquette sur FAO – L’agriculture familiale, extraits :

L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en connexion avec de nombreux aspects du développement rural. 

L’agriculture familiale permet d’organiser la production agricole, forestière, halieutique, pastorale ou aquacole qui, sous la gestion d’une famille, repose essentiellement sur la main-d’œuvre familiale, les hommes autant que les femmes. 

En quoi l’agriculture familiale est importante ? … L’agriculture familiale et la petite agriculture sont liées de façon indissociable à la sécurité alimentaire mondiale.

En 2015, la FAO a lancé l’année internationale des sols… Source FAO – Sols & Biodiversité

FAO-Infographic-IYS2015-fs2-fr

Dans cette version de plaquette, il est reconnu qu’« Au cours des 50 dernières années, les progrès des technologies agricoles ont entraîné une augmentation de la production alimentaire, avec parfois des répercussions négatives sur les sols et l’environnement »… « Dans de nombreux pays, l’agriculture intensive a appauvri les sols, … » Je dirai que ce n’est pas parfois, mais très souvent que les sols sont détruits ainsi que les rivières polluées du fait des « progrès technologiques ». Il y a assez d’études à charge pour le démontrer !

Une troisième version de plaquette SOLS & Biodiversité est apparue : la partie relative aux progrès technologiques a été supprimée pour faire place à ce qui est attendu de la FAO, la promotion de l’agriculture familiale.

FAO-Infographic-IYS2015-fs3-fr 2

 Et enfin… FAO – L’agriculture biologique face au défi de la sécurité alimentaire – Rome 2007

« La principale caractéristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles ; le recours à des procédés naturels améliore aussi bien le rapport efficience-coût que la résilience des écosystèmes agricoles au stress climatique », selon le rapport.

Autre avantage : l’agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l’endettement pour l’achat d’intrants agricoles, endettement qui entraîne un taux alarmant de suicides dans le monde rural. » 

Le rapport cite des modèles récents sur l’approvisionnement mondial qui montrent que l’agriculture biologique peut produire assez par tête d’habitant pour nourrir la population actuelle de la planète. 

Selon la Commission du Codex Alimentarius et toutes les réglementations nationales existantes, « l’agriculture biologique est un système de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, réduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l’eau, et optimise la santé et la productivité de communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux et d’êtres humains ». Un paradoxe de plus avec ce qui est décrit plus haut à propos du codex…

Dans beaucoup de régions de la RDC, peut-être sans le savoir, les agriculteurs font de l’agriculture « bio » n’ayant heureusement pas accès aux poisons de la pétrochimie… Mais pour combien de temps ?

Paradoxe ou revirement de la FAO sur les politiques agricoles à mener pour, selon ses termes, « atteindre la sécurité alimentaire pour tous » ? Quelle est la cohérence entre ce programme de promotion de l’agriculture familiale et son engagement à renforcer le dialogue sur l’adoption de technologies non exclusives et les marchés équitables avec le secteur privé, en particulier avec des entreprises multinationales, et mettre en place des actions conjointes, qui se traduit concrètement par la promotion dans le programme PAI et le développement d’une économie de marché mondialisé dont il est suffisamment démontré qu’il ne « rapporte » qu’aux riches ?

Quelle est la cohérence avec « Le droit à l’alimentation » ? Le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne. Source OHCHR – Droit à l’alimentation

FAO, le flou de l’information… 

Comme caractéristique d’une organisation mafieuse ?  Je provoque…

12 juillet 2015 – Allez sur le site de la FAO – RD Congo, je vous défie de vous y retrouver et de trouver de manière « intuitive » des informations concrètes et organisées des projets soutenus par la FAO, avec budget globaux et détaillés, illustrations photo et vidéo et suivi, possibilité de contacter les bénéficiaires, etc. Le site FAO ressemble à la majorité des sites web de la république ! Du façadisme mais… rien à l’intérieur ! J’exagère, enfin si peu, comprenez mon irritation…

Il faut chercher dans les news pour trouver 2 – 3 informations (!) mais sans lien avec une fiche projet et il faut consulter un média pour en connaître un peu plus et les montants !… Exemple « La RDC et la FAO signent trois projets de coopération agricole pour 1 250 000 USD » Source Le Potentiel 08/02/2014

Tout ce que vous trouverez en ce qui concerne les petits producteurs est TECA, Technologies et pratiques pour les petits producteurs agricoles  et… 2 informations sur la culture du manioc et la patate douce ! Quand à FAOLEX, je cite « une banque de données législatives informatisée, complète et à jour, qui représente la plus importante collection électronique de lois et de règlements nationaux, ainsi que de traités internationaux, portant sur l’alimentation, l’agriculture et les ressources naturelles renouvelables. Vous tombez sur une page en anglais et courage : la seule info disponible est un décret datant du 2 août 2014 ! Quand aux statistiques FAOSTAT, elles datent de 2011 pour les plus récentes et quant à leur fiabilité… Déjà que l’INS – Institut National des statistiques – Agriculture de la RDC est en incapacité fonctionnelle et donc matérielle de produire quoi que ce soit ! Je vous laisse juge de la crédibilité des chiffres FAO en RDC…

Multifonctionnalité de l’agriculture et Service environnemental. 

Pour terminer, dans la problématique de l’agriculture en RDC et du développement des parcs agro industriel, la FAO ne semble pas intégrer les autres fonctions de l’agriculture qu’elle avait pourtant mises en avant, dès 1999. Notez en fin de ce texte, l’affirmation de la FAO : « La FAO, lieu de débat international neutre, continuera … » Cela ne manque pas d’air, quand en même temps, elle soutient activement le développement de l’agriculture industrielle, sans dénoncer les manquements du gouvernement de la RDC en matières d’appui à l’agriculture familiale et écologique ! Source FAO – Les fonctions multiples de l’agriculture et de la terre

L’agriculture a en plus de sa fonction naturelle, celle de produire des aliments de qualité naturelle (sans intrants chimiques), d’autres fonctions comme la conservation de la nature et la protection du Monde face aux changements climatiques, celle de la justice sociale et du lien social qui a disparu avec l’émergence de l’agro business et l’avènement de l’urbanisation des populations sur le rural.

Il existe de nombreux débats et définitions autour de la Multifonctionnalité de l’agriculture, voici ce que présente le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et Alimentation du Québec, 3 fonctions de l’agriculture :

  • Économiques ou productives. Produire des biens alimentaires, des activités touristiques, des produits de niche, fournir des matières premières aux industries textiles et agroalimentaires, etc.
  • Sociales. Contribuer au maintien, à la viabilité et au dynamisme du tissu social dans les zones rurales, développer ou maintenir l’occupation et l’aménagement des territoires, préserver et transmettre l’héritage culturel, contribuer à l’attractivité des territoires, assurer la sécurité alimentaire, etc.
  • Environnementales. Préserver des habitats naturels (biodiversité), mettre en valeur le paysage, améliorer la qualité et l’approvisionnement en eau, réguler le climat, etc. Source MAPAQ

Il n’est pas évident de savoir si en particulier le projet pilote PAI de Bukanga Lonzo remplit ces critères de multifonctionnalité de l’agriculture. Source Parcagro.com 

La préoccupation de réduire la faim ne pourra se faire qu’en intégrant ces dimensions que l’agriculture industrielle ne permet pas remplir par sa nature qui est de « servir l’argent avant les gens » et ses techniques d’exploitation… Pourtant qui mieux que l’agriculture familiale et écologique peut gérer la complexité de la multifonctionnalité ?

Pour la petite histoire…

  • A Kalemie, Province du Tanganyika. Il m’a été raconté, il y a quelques temps, la FAO aurait distribué des boutures de manioc à croissance rapide, 6 mois alors qu’il faut 2 ans pour obtenir une pleine maturité des racines ! Les personnes qui m’ont raconté l’histoire, disaient que les mamans ne pouvaient pas utiliser les feuilles pour préparer le « sombe » tant ces feuilles contenaient des produits chimiques alors que, comme dans le cochon, « tout est bon » dans le manioc. En plus, les cossettes de manioc pourrissaient très rapidement, limitant d’autant leur conservation.
  • A Kalima, il y a quelque temps, la seule action de FAO était de distribuer des outils agraires à la tête du client.
  • A Bukavu que j’ai découvert fin 1991, je ne me souviens pas avoir entendu un appui conséquent de la FAO et dans la durée du mouvement paysan à ce moment très organisé et qui utilisait déjà une approche de développement local et écologique dont l’agroforesterie et la valorisation des connaissances traditionnelles en lien avec les savoirs universitaires…

FAO, la tromperie… 

Hélas, sous le discours admirable « Contribuer à éliminer la faim … », la FAO est clairement au service du monde de la finance et de la mondialisation dans ce qu’elle est de plus nuisible, être toujours plus riche avec autant de pauvres !

La situation de « la faim dans le Monde » et de la « malbouffe » est dramatique d’une part par le nombre de personnes concernées, 850 millions selon l’estimation de la FAO – 2014 pour les personnes sous alimentées, et pour une question de droit universel car comme le dit Jean Ziegler : « un enfant qui meurt de faim est assassiné »…

FAO – Parc Agro Industriel vs FAO – Agriculture familiale ? Cherchez l’erreur !

Avec les PAIs, les fondements de la FAO sont remis en question. Sentiment de mal être face à l’ambiguïté de la FAO…

Évidemment, il sera de bon ton de dire qu’ainsi va le Monde et qu’il n’y a pas d’antagonisme à la fois, à soutenir l’agriculture familiale et bio (terme générique), et l’agro industrie… Toutefois, il serait intéressant sur une période de 5 ans de savoir ce que la FAO en RD Congo a produit de concret et vérifiable en agriculture familiale et avec quel budget… Vous pouvez cherchez, je n’ai pas trouvé.

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