RDC – PAI – Banque mondiale – Zones d’ombre

Relevé non exhaustif des zones d’ombre de la BM sur ses financements « en prêts et dons »

Banque mondialeSuite de l’article « RDC – L’arnaque des PAIs – Les complices – BM » dénonçant la participation de la Banque mondiale au développement de l’économie casino. 

Votre ignorance est leur pouvoir

Une des particularités d’une entreprise mafieuse est naturellement de rendre l’information la plus inaccessible sur ses activités…

La domination des banquiers au cœur des états 

… Si la Banque Mondiale et le FMI, n’accomplissent pas d’action illégale, ils en sont complices car ils connaissent le mécanisme de corruption et poussent dans cette direction, en forçant la main aux gouvernements du Sud. 

La responsabilité des banques (privées, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption. « Ces dettes également qualifiées d’illégitimes s’accumulent en conséquence d’actes de corruption, parce que les fonds empruntés par les Etats sont directement déviés vers les comptes personnels de gouvernement » (Ramos, 2008, 87), ou en échange de services divers rendus par exemple à des intermédiaires au service d’une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette extérieure des pays endettés. 

« Souvent les banques qui reçoivent les prêts illégaux sont complices de ces manœuvres parce qu’en général ce sont elles qui financent la corruption » (…) et « qui octroient le prêt à l’origine de l’acte de corruption et qui gonflent la dette extérieure que paieront le peuple du Sud concerné » (Ramos, 2008, 89). Source Mondialisation.ca 091002 La domination des banquiers au cœur des états 

Zone d’ombre Il n’est pas évident de situer l’implication massive de la Banque mondiale sur la réhabilitation en compétences et crédibilité des 4 piliers d’un Etat (Constitution de la République, Administration, Impôts & taxes, Sécurité (Police & Armée), parce que complice d’un Etat corrompu ?  Au vu des engagements de la BM, tout porte à le croire. Allez-vous prêter à quelqu’un dont vous savez que cette personne ne remboursera pas ou dont vous savez qu’elle se met en incapacité volontaire de ne pas assumer sa responsabilité quant à la poursuite des activités initiées par le projet ou qu’elle utilisera l’emprunt pour exercer un trafic illégal à l’image de ce que font l’Etat congolais et son gouvernement mal élu ? La banque mondiale, le FMI, BAD etc. le font ! La population congolaise en paie le prix et la population des pays contributeurs aussi…

En 2011 dans son rapport de synthèse économique « Accélérer la croissance et l’emploi », la Banque mondiale rappelle (à nouveau) ses recommandations : Les obstacles à la croissance des PME sont liés à des problèmes de gouvernance, des tracasseries administratives et l’inefficacité des services publics.  Source Okapi 110806 RDC BM Recommandations pour accélérer la croissance et l’emploi

Quantité de rapports ont dénoncé la faiblesse de l’Etat de la RDC sur tous les plans et particulièrement la corruption de ses autorités politiques, des hauts fonctionnaires et des petits fonctionnaires « forcés » pour survivre, au racket de la population soumis aux « tracasseries » diverses et multiples. Selon Transparency International : en 2014, la RDC se trouvait à la 154ème place sur 175. Pour décrire la situation du service publique de la RDC, j’utilise le terme de « mafia nationalisée » à tous les niveaux de pouvoir.

Les financements relatifs à l’organisation de l’administration publique congolaise et à la « maximalisation » des recettes devraient être la priorité des financements avant même l’agriculture citée par le gouvernement depuis des décennies, comme la « priorité des priorités ». Oh naïveté quand tu nous tiens !

Informer sans informer…

Sur le site www.banquemondiale.org/fr/country/drc/projects vous trouverez une série de documents pour certains uniquement en anglais, peu détaillés (pas de document unique mis à jour en continu, absence de visualisation des réalisations – photo ou vidéo et de témoignages vérifiables) ; la banque ne manque pourtant pas de moyens ! Pour trouver l’information relative à un sujet, c’est galère. Exemple, le Projet de Remise en état et de Reprise de l’Agriculture – PARRSA se trouve sous l’intitulé DRC – Agriculture Rehabilitation and Recovery Support Tous les congolais connaissent l’anglais naturellement. 

Il n’est pas évident d’avoir une vue globale et détaillée des financements et des dons relatifs à la construction d’une administration publique réellement au service de la population et s’ils existent, il est difficile de se faire une idée de la cohérence entre eux. A l’intérieur des programmes BM, l’appui au développement de compétences de l’administration publique concernée par tel projet est souvent prévu mais il est difficile d’avoir une vue globale sur l’articulation de cette installation de compétences avec une programmation générale de la gouvernance administrative et un lien avec les budgets. Tout se joue « comme si » l’administration était en capacité de gérer la poursuite des activités initiées par les projets en termes de compétences, de rigueur, d’honnêteté, d’investissements, de budgets à la fin du financement ! Hallucinant ! Pas vraiment si l’on connait la BM… Elle fait double jeu car en même temps, elle dénonce :

Il y a de grandes insuffisances dans les politiques de l’État : les politiques annoncées publiquement ne sont pas mises en œuvre, et les budgets approuvés par le Parlement sont contournés par des procédures dites de dépenses « urgentes ». En outre, les agences gouvernementales sont gérées comme des entités souveraines, et non comme des institutions de l’État ; les agences de recouvrement des recettes ne sont payées que pour récupérer les impôts et non pour la prestation de services. Finalement, certains organismes publics demandent le paiement de services qu’ils ne délivrent plus. Page xxxiii Le pays se classe parmi les derniers pays en termes d’indicateurs de gouvernance en Afrique subsaharienne. P24 Source BM Résilience d’un Géant Africain – Synthèse, contexte historique et macroéconomique 2012

Et malgBM RDC 2013 Western Growth Poles P124720 Risks 1ré cela, la Banque mondiale accorde des financements alors que certains de ses projets affichent un niveau de risque élevé et pas parce qu’il y a insécurité et guerre comme à l’Est. Exemple, le rapport sur l’état d’avancement et les résultats du projet BM 150805 DRC Western Growth Poles 2013 2019 – 110 millions $ Réf. P124720 indiquent que quasi tous les risques sont au rouge ! Et pourtant, allons-y pour 110 millions !

Et les BM, IFAD, ISF, FMI, BAD, FAO, PAM, Coopérations bilatérales, Organisations internationales de développement, etc. continuent à accorder des prêts, des dons, des réalisations, etc. qui deviennent dès facto des dettes illégitimes pour les prêts, voire odieuses dont les populations de la RDC et des pays donateurs sont à nouveau victimes. Un autre exemple dans lequel se compromet la Banque mondiale ? CADTM RDC Barrage d’Inga Banque mondiale complice

Pour ce qui concerne le Ministère de l’agriculture, élevage et pêche, allez sur son site, vous comprendrez qu’il y a là une première zone d’ombre d’envergure sur le renforcement d’un des services publics faisant partie de la « priorité des priorités » du programme politique du Président Joseph Kabila et de son Premier Ministre Matata Ponyo ! Quelques informations sur l’agriculture souvent des articles de propagande pourraient se trouver sur le blog, pardon, le site de la Primature.cd

Quelques annonces et projets de développement du secteur agricole de la BM et leurs zones d’ombre

Période Dénomination BM Dénomination RDC Référence BM millions
2010 2015

2016 2017

DRC – Agriculture  Rehabilitation and Recovery Support PARRSA Projet d’Appui à la Relance et la Réhabilitation du Secteur Agricole P092724 120
2013 BM Info

Primature Info .PDF

Région des Grands Lacs – 1 milliard

Plan d’aide – Région des Grands Lacs

—- 100
2013 2019 DRC – Western Growth Poles PDPC Projet de Développement des Pôles de Croissance P124720 110
2014 ACP info Projet de développement du secteur agricole Burundi / RDC – Filière riz —- 150
2015 Financial Afrik info La BM accorde 100 millions $ à la RDC —- 100
2016 20XX BM Info .PDF PICA Programme Intégré de Croissance Agricole dans la Région des Grands Lacs – Burundi / RDC —- Budget en 2016
Banque mondiale – 30 mars 2010 – 120 millions $
DRC – Agriculture Rehabilitation and Recovery Support – 2010 2017 – Projet d’Appui à la Relance et la Réhabilitation du Secteur Agricole  – PARRSA
Le titre du projet est en anglais, impossible de trouver via « PARRSA »
2010 2015 & 2016 2017 Réf. P092724
Secteurs – Province de l’Equateur & Pool Malebo (nord de Kinshasa) 120 millions $
Agriculture, pêche et foresterie en général 50%
Routes rurales et interurbaines 36%
Administration publique – Agriculture, pêche et foresterie 14%
Organisme d’exécution : MINISTRY OF AGRICULTURE

RDC BM PARRSA LOGORésumé Les objectifs de développement du Projet d’Appui à la Relance et la Réhabilitation du Secteur Agricole de la RD Congo sont de : i) accroître la productivité agricole (récoltes et production de bétail et de la pêche) de manière durable ; et ii) améliorer l’accès aux marchés intérieurs pour les agriculteurs. 

Les composantes du PARRSA sur 130 millions $ Coût total du projet – Province de l’Equateur (en fait, 9 Territoires dans 3 Districts : Nord Ubangui, Sud Ubangui et Mongala) et dans le Pool Malebo à la périphérie de Kinshasa

  1. Composante 1 – Amélioration de la production agricole et animale des ménages –  59,42 millions $
  2. Composante 2 – Amélioration des infrastructures de mise en marché – 50,58 millions $
  3. Composante 3 – Renforcement des Capacités du MINAGRI et du MDR, Gestion du Projet – 20 millions $

Le détail des composantes est accessible sur BM PARRSA 091212 Blog ou sur MINAGRI – PARRSA – Manuel d’exécution 2010.pdf ou sur DRC – Agriculture Rehabilitation and Recovery Support P092724 Implementation Status Results Report Sequence 09 150623 

ZoRDC Equateur Ancienne provincenes d’ombre. 120 millions de dollars (= montant engagé) pour une province (ancienne province) de 403.292 km² et pour le développement du Pool Malebo – Kinshasa, une zone marécageuse de 6.000 hectares : vu l’énorme étendue, un montant ridicule et en plus, dévié pour partie vers le PAI de Bukanga Lonzo au Bandundu ! Il est annoncé que le secteur de l’Equateur sera bénéficiaire du projet alors qu’en réalité il se situe sur 5 sites dont 2 autour de Kinshasa (Voir l’onglet CARTE) ! Qu’en est-il de la réhabilitation des structures comme INERA – Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomiques et SENASEM en ex-province de l’Equateur, de la construction / réhabilitation des marchés, des routes et dessertes agricoles, des budgets prévus en charge du pouvoir national et local pour leurs entretiens, etc. Une documentation du type « avant – après » est-elle disponible ?

Comment la Banque mondiale compte-t-elle mieux s’en sortir par rapport aux projets précédents comme celui consacrés à la réhabilitation des périmètres rizicoles prioritaires soutenu par quantités d’organisation internationale de développement ?

Kinshasa Pool MaleboKinshasa – Pool Malebo (2 000 ha en riziculture de plaine inondée). La plaine est située au Nord–Est de l’agglomération de Kinshasa et est à cheval sur trois communes à savoir Limete (Kingabwa), Masina (Masina Rail, Abattoir, et Aéroport) et N’sele (Mikonga). Elle couvre une superficie importante du lit majeur du fleuve Congo, long de près de 30 km et large par endroit de 5 km. Sur les 6 000 hectares de superficie brute, seuls environ 2 000 hectares sont mis en valeur. Source Page3 FAO Mars 2006 Appui à la mise en œuvre du NEPAD–PDDAA

BM PARRSA 150310 La banque mondiale mise sur le PARRSA pour renforcer le projet Bukanga Lonzo – Parc agro-industriel. C’est probablement pour cette raison que la Banque mondiale voudrait profiter de cette expérience pour renforcer le rendement du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, en appuyant notamment des études sur la stratégie de relance agroindustrielle dans cette zone très fertile de la province du Bandundu. Source Forum des As 150310 BM PARRSA Bukanga Lonzo 

Zone d’ombre Le PARRSA a comme zone d’exécution la province de l’Equateur… Bukanga Lonzo se trouve dans le Bandundu. Dérive ? 

RDC Source Okapi (2)BM PARRSA 150511 Un montant additionnel sera discuté avec la Banque mondiale pour la poursuite du projet de 2016 à 2017 dans les nouvelles provinces des Nord et Sud-Ubangi et de la Mongala, toutes  des anciens districts de la province de l’Equateur comme Aire d’intervention du PARRSA y compris la ville de Kinshasa à sa conception. 

Extraits de l’article de l’ACP à propos du PARRSA : Exécuté aujourd’hui à 80%. Annonce d’une évaluation d’impact du PARRSA par la Banque Mondiale. L’évaluation de l’impact permet de rendre aux bailleurs et aux parties prenantes des résultats obtenus par le projet sur le terrain / Un participant à l’atelier a proposé l’introduction dans le PARRSA de l’aspect éducation, information et communication pour permettre aux bénéficiaires de nouvelles provinces ci-haut citées de s’approprier et de pérenniser les acquis du projet dans les domaines agricole et de l’élevage dans près de 771 villages ciblés dans l’aire d’intervention. Pour cet intervenant, l’apport de ce nouvel aspect est indispensable pour éviter à l’aire d’intervention de sombrer à la fin du projet en 2017. Le PARRSA dont la durée d’exécution de cinq ans devait expirer à la fin du mois de décembre 2015 va bénéficier d’une prolongation de deux ans. Source ACP 151105 120 millions de dollars US de la Banque mondiale pour le PARRSA

Intéressant à lire : PARRSA – le mémorandum du 08 octobre 2015 réalisé par la BM, justifiant la prolongation de la date de fin de projet à la demande du gouvernement. Il reprend les résultats du programme par composante.

Zones d’ombre. Le volet éducation, information et communication ne semble pas avoir été inclus dès le départ du projet : les fonctionnaires de la BM seraient des innocents amateurs ignorant l’importance de l’information ou serait-ce la volonté de maintenir la population ignorante du trafic financier et des conséquences négatives de ce projet sur leur avenir ?

La question de la pérennisation des acquis serait posée à quelques semaines de la fin de la première date de clôture et après 5 ans de développement du projet ! Une habitude en RDC, « comme si » il n’avait pas lieu de convenir dès la signature du projet, l’insertion d’un budget adéquat dans les dépenses de la République et d’en faire une condition contractuelle de mise en application.

Plan d’aide pour la Région des Grands Lacs – 2013 – 100 millions $ pour l’agriculture sur total de 1 milliard $

En 2013, la Banque mondiale annonce un milliard de dollars de financement au bénéfice de la région des Grands Lacs en Afrique pour l’énergie, les routes, l’agriculture, le commerce transfrontalier, la santé et l’emploi Source BM 130522 Région des Gd Lacs 

De son côté en prévision du Business meeting 2013, la primature annonce : Dans le cadre du plan d’aide de 1,250 milliards de dollars pour la région des Grands Lacs, la Banque mondiale s’est engagée à accorder un financement de plus de 100 millions pour le secteur agricole des pays de la région dont la RDC. Source www.primature.cd Dossier presse Business meeting 2013 Voir l’article consacré au PNIA 

Zones d’ombre. Plan d’aide pour la Région des Grands Lacs, où trouver le dossier projet de la BM ? Existe-t-il un lien avec le PNIA – Programme National d’Investissement Agricole ? Où trouver le dossier de suivi de la mise en œuvre du PNIA ? Une coordination des programmes agricoles financés par l’Etat congolais (cela existe ?) avec ceux des bailleurs internationaux ? Une coordination avec les pays voisins qui bénéficient de l’appui des projets inter-régionaux ? En savoir plus sur le PNIA 2013 2020

Banque mondiale 11 juin 2013 – 110 millions $

DRC – Western Growth Poles – 2013 2019 – Projet de Développement des Pôles de Croissance – PDPC

Le résumé est en anglais !
2013 – 2019 Réf. P124720
Secteurs – Corridor Ouest – Axe Matadi-Kinshasa-Kikwit 110 millions $
Distribution et commerce agricole 30%
Agriculture, pêche et foresterie en général 28%
Routes rurales et interurbaines 24%
Administration publique en général 14%
Télécommunications 4%
Instrument de prêt : Prêt d’investissement spécifique
Emprunteur : MINISTRY OF FINANCE
Organisme d’exécution : N/D

Grâce à l’article du Potentiel consacré à cette annonce, voici l’info en français Le Potentiel 140428 Pôles de croissance : la RDC et la BM expérimentent un projet dans le corridor ouest

Extraits : Quatre composantes visent à « augmenter la productivité et l’emploi dans les chaines de valeur sélectionnées dans les zones géographiques ciblées » Composante 1 Développement de chaines de valeur agricoles dans le Bas-Congo – Composante 2 Zone économique spéciale – Composante 3 Développement proactif des affaires – Composante 4 La gestion du projet

Zones d’ombre. Ce qui est décrit comme axe Kinshasa Matadi Kindu, Kongo-Central & Maluku se résumerait en fait au développement de la zone autour de la ville de Kimpese sur la N1 à environ 135 km de Matadi et à la ZES zone économique spéciale de Maluku, sur le fleuve Congo à 100 km au nord de Kinshasa ! La carte BM montre 4 sites d’intervention avec comme légende Industrie et commerce, alors que 28% du projet devrait aller à Agriculture, pêche et foresterie en général. A nouveau, 110 millions $ pour des zones d’intervention immenses et dispersées, est-ce l’exemple d’un projet sérieux qui par ailleurs, n’a pas inclus la problématique de la reprise de l’activité par l’Etat congolais. Quid du financement de l’administration, de l’entretien des routes, des marchés, etc. par l’Etat après financement BM ?

Un fonds de développement de projet de 10 millions $ a été mis en place pour soutenir l’élaboration des plans opérationnels, destinés à relever les  niveaux de perception des risques des projets de développement et à fournir des atténuations acceptables pour le secteur privé. 

Les services d’exécution du programme : Comité de pilotage du projet, Unité de coordination du projet ayant en charge la gestion des ressources de la facilité en faveur des Etats fragiles relevant du ministère des Finances, , Unités d’exécution du projet en charge de certaines composantes basée au sein des ministères concernés par des composantes, Comités techniques de suivi provinciaux. 

Toutefois, la mise en œuvre du PDPC risque d’engendrer des acquisitions de terrains qui entraîneraient des pertes d’espaces, de propriétés et/ou d’activités socio-économiques au détriment des populations environnantes, y compris leur déplacement éventuel. Dans l’optique de prévenir et d’atténuer les éventuelles incidences négatives qui pourraient découler de la mise en œuvre du projet, un Cadre de politique et de réinstallation (CPR) a été préparé pour gérer de façon consensuelle les impacts sociaux négatifs du projet. Source Le Potentiel 140428 Pôles de croissance : la RDC et la BM expérimentent un projet dans le corridor ouest

Sur les 48 millions de dollars qui iront à cette région (Ndlr en fait, quelle partie précisément ?), une partie servira à la réhabilitation de 500 kilomètres de routes présentant un intérêt stratégique pour le trafic agricole. Source Agence Ecofin 140921 BM 110 millions $ 

Makthtar Diop, vice-président de la BM : A propos du FIDA pour lequel 110 millions de dollars USD seront accordés, ce projet cofinance trois projets de développement agricole dans la province dont programme de relance agricole dont le parc de Bukanga Lonzo. Source L’Observateur 140728 BM 110 millions $

Zone d’ombre. A propos du rapport du 8 juin 2015 Western Growth Poles (P124720) Implementation Status & Key Decisions sur l’état d’avancement et les résultats du projet :

Components Million
Agriculture Value Chains Development in Bas-Congo 48
Special Economic Zone of Maluku 27
Proactive Business Development 16
Coordination, Monitoring, Communication and Impact Assessment 8
Total 99
Alors que le PROJET EN BREF indique : Montant engagé  110

Faute d’avoir trouvé un document unique qui reprend l’évolution du projet, ses modifications, il faut être spécialiste pour comprendre ces changements de budget. C’est la porte ouverte à toutes interprétations négatives…

En page 2 du rapport Western Growth Poles (P124720) Implementation Status & Key Decisions, il est acté : On Component 2, … While this first investment could represent a valuable anchor investment in the zone, it is important to note that the Government has not adhered to safeguards requirements, particularly the RAP (Resettlement Action Plan) that is under execution (expected to be completed by end 2015) and the requirement for MIK to conduct an environmental and social screening of the site, followed by an environmental management plan. In addition, the team was not able to get any information on the contractual arrangements between the Government and Africom on the setting up of MIK. We were informed that in addition to MIK, other Africom companies are also planning on taking up land within the SEZ. The team requested the Government during the final debriefing session to suspend all physical works in the ZES until the RAP is fully executed and other environmental safeguard requirements completed.

Overall Ratings Previous Rating Current Rating
Progress towards achievement of PDO Moderately Satisfactory  Moderately Unsatisfactory
Overall Implementation Progress (IP) Moderately Satisfactory Moderately Unsatisfactory
Overall Risk Rating High High

Zones d’ombre. Et malgré la situation global à haut risque, la BM accepte de renforcer l’option Parc agro-industriel et la primature de la Primature sur la gestion du projet au détriment du Ministère de l’Agriculture, Elevage et Pêche !

Finally, the team is undertaking a Level 2 project restructuring at the Government’s request. … Additional funds will also be allocated to Component 4 to support the setting up of an Executive Secretariat to be chaired at the Prime Minister’s Office level in collaboration with Permanent Secretary-level and Project Director-level officials from technical Ministries to coordinate and execute policy guidance coming from Government’s AIP Steering Committee; and provide additional capacity building to key ministries involved in the implementation of project activities. This restructuring is currently underway.

Une nouvelle illustration du soutien de la Banque mondiale en faveur du développement de l’agro-industrie, l’agro business en dépit de toutes les raisons déjà évoquées dans d’autres articles et, quant aux réelles intentions du gouvernement. Sur le long terme, la population sera tout aussi pauvre et en plus, malade de l’alimentation poison qu’elle aura produite « grâce » au soutien financier de la BM !

Banque mondiale – 08 novembre 2014 – 225 millions $ – Filière riz – 75 millions Burundi / 150 millions RDC

Les provinces du Sud-Kivu et du Katanga sont concernées par ce projet avec le développement de la filière riz, respectivement dans la Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira et à Kalemie dans la sous-région du Tanganyika au Nord du Katanga. Source ACP 141108 BM 225 millions $ Secteur agricole RDC Burundi dont 150 millions pour la RDC 

Zones d’ombre. Projet Filière riz Burundi / RDC  : où trouver l’info ? Combien cette étude a couté ? Projet en cours ? Si oui, comment le budget de la filière riz (150 millions $) a-t-il été consommé ? Ou bien, a-t-il laissé la place au projet PICA – Programme Intégré de Croissance Agricole dans la Région des Grands Lacs – Burundi / RDC dont une mission a été réalisée début 2015 ? 

Banque mondiale – 11 janvier 2015 – 100 millions $

Un portefeuille de 100 millions de dollars est décaissé par la banque mondiale pour renforcer son appui au programme agricole de la RDC. La mission de la Banque mondiale a également indiqué que cette institution est en train de voir la possibilité de financement d’un autre parc agro-industriel. Et d’ajouter que : « Les priorités du Gouvernement sont clairs et précis. Nous sommes en RDC pour apporter notre soutien au Chef de l’Etat, au Premier ministre et au ministre pour le développement de ce secteur très important ». Source Financial Afrik – 150111 BM

Zones d’ombre. Les priorités du Gouvernement sont claires et précises : claires et précises par rapport à quoi ? Dans quel programme global, celui-ci s’insère-t-il ? Possibilité d’un autre parc agro-industriel ? Lequel ? Uvira au Sud-Kivu, Luozi ou à Kasangulu au Kongo central ?

Banque mondiale 14 mais 2015 – PICA Programme Intégré de Croissance Agricole dans la Région des Grands Lacs – Burundi / RDC – Budget en 2016

Etude à découvrir sur Banque mondiale 150514 pdf : Date d’approbation par le Conseil d’Administration de la BM révisée au premier trimestre 2016 / Inclura le Parc agro-industriel de Muhala (70 km de Kalemie) 

Zones d’ombre. L’étude porte sur la RDC, qu’en est-il de la partie burundaise ? La gestion des lacs Tanganyika et Kivu semble n’être que le fait de la RDC. L’approche globale des bassins où tous les pays concernés sont impliqués ? Approche centrée sur l’agro-industrie incluant les chaînes de valeurs à but commercial. Quelle garantie que la production sera réellement destinée à la population locale et non soumise à l’exportation dans un but de « rentabilité spéculative » ? 

Pour terminer : Zones d’ombre, caractéristiques générales
  • Sur l’articulation et de la coordination des programmes de développement. Comment s’articulent, se coordonnent tous ces programmes financés par les ministères concernés, par les multiples bailleurs, agences de coopération, partenaires bilatéraux, etc. ?
  • Cela n’étonne pas grand monde que la BM & Cie (BIRD/IDA, IFC, FMI, BAD, etc.) participe à des programmes dont d’autres agences spécialisées s’occupent déjà comme la FAO, PAM, PNUD, ONU-Sida, UNICEF, OMS, UNOPS, les coopérations internationales, les ONG, etc.
  • Avec tous ces projets, impossible d’y voir clair quant à la répartition des engagements de la BM dans un programme unique cohérent pour toute la RDC (le PNIA de 2013 ?) Et coordonnés par qui ?
  • 100 millions par-ci, 110 par-là, 120, 225 millions, 1 milliard ! Qui dit mieux ? Organisme de financement : BM et puis FIDA, IFS ? Que représentent tous ces financements dans la nouvelle dette de la RDC ?
  • Qu’en est-il de la poursuite des activités et de leur développement par l’Etat à la clôture des projets ?
  • L’approche agro écologique – développement durable est mise à l’écart ! Qu’en est-il de l’agriculture familiale, du développement local, de l’agriculture biologique et ses multiples facettes (agro-foresterie, permaculture, multifonctionnalité de l’agriculture, etc.) ?

Le dernier projet, le Programme Intégré de Croissance Agricole dans la Région des Grands Lacs – Burundi / RDC est sous influence de l’IITA, des universités (curieusement l’ISDR Bukavu – Institut Supérieur de Développement Rural ne semble pas associé à l’étude), Diobass au Kivu qui participe à l’atelier n’est pas repris comme acteur historique de la recherche action paysanne (comme si les paysans n’avaient aucun savoir). La Banque mondiale poursuit vaillamment son projet d’émergence de l’agro business en RDC.

Pauvre riche Congo ! 

Si vous avez des informations en réponse à ces questions, ce serait chouette de me les transmettre ! 

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