RDC – L’arnaque politique des PAI

Transformation de l'agriculture PAI

Les Parcs Agro-industriels en RD Congo, une terrible arnaque. 

Cette analyse fait suite à la description de quelques parcs agro industriels de la RDC, fer de la relance économique du gouvernement Matata II sous la houlette du Président Kabila, soutenu par une campagne de promotion dynamique, de forum de l’agro-business, de slogans marketing convenus.

A découvrir, le dossier Les Parcs Agro-Industriels en RDC ? Une arnaque !

Regards sur…

Plus de 90% des exploitations agricoles sont gérées par un individu ou une famille, qui produisent environ 80% de la nourriture mondiale et occupent 70 à 80% des terres agricoles 

Source FAO Année Internationale de l’Agriculture Familiale – 2014 

Au lieu de soutenir les 90% des exploitations agricoles, le gouvernement de Matata Ponyo sous la houlette du Président Kabila, fait le choix de la mondialisation, idéologie des mafias de la finance et des transnationales, comme soutenir 10 % des exploitations représentant un faible pourcentage d’emploi, une très faible source de recettes pour l’Etat, la destruction des sols et de l’environnement, la réduction de la diversité, la dépendance industrielle, etc. Cherchez l’erreur…

Depuis 2013, la RDC entreprend nombre de chantiers comme jamais ce pays n’a connu depuis son indépendance en 1960. Il serait malhonnête de le nier. Mais…

Au lieu d’innover et d’imaginer un avenir différent de ce que les pays émergents dont les BRICS : Brésil, Russie, Chine, Inde, South Africa, souvent cités comme modèle, développent avec grande folie ou, au lieu de tenir compte des erreurs commises par les pays qualifiés de « développés » et qu’ils paient cher aujourd’hui, les dirigeants de la RDC font la promotion de la course à l’argent « casino » où les transnationales seraient seuls capables « d’investir » dans le développement, le leur bien sûr. 

Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout.

Ce ne sera pas dû au hasard si en 2016, 1 % de la population détiendra plus de 50 % de toutes les richesses dans le monde ! Source Oxfam International Ce qui est dramatique, c’est de voir la RDC à la fois s’enrichir à 1% et pour le reste de la population devenir toujours plus pauvre encore, pour autant que cela soit encore possible (!)  du fait cette fois, du pillage et de la destruction de ses ressources naturelles. 

L’engouement économique pour l’Afrique a pris l’étiquette de New Scramble for Africa – Nouvelle ruée vers l’Afrique, en référence à la ruée vers l’or qu’ont connu le Canada et les USA, fin 19ème siècle :

A new scramble in recent years Africa has experienced waves of new investment, particularly in mining, energy and agriculture, and has seen elevated commodity exports. 

These flows are tantamount to a new scramble, creating wealth for foreign direct investors, some local entrepreneurs and a growing comprador class. 

Resources are typically exploited without raising the living standards of the people and at significant environmental cost. On the ground this has engendered significant resistance. The new scramble is a modification of traditional imperialist relationships which Africa experienced with former occupying colonial powers. … Who ultimately holds the power?

Je vous invite à lire l’article complet de David Fid : State of Extraction – The new scramble for Africa P67 produit par Transnational Institute 

Quand le FMI joue le tartuffe : le FMI estime par la voix de son Premier Directeur général adjoint, David Lipton, que : « Cette croissance, pour le moment, ne bénéficie pas à toute la population ». Il a aussi estimé qu’il fallait « élargir les bienfaits de cette croissance à toute la population ». Source Okapi 150309

Il est succulent d’entendre un tel discours de la part du FMI alors que depuis des décennies, les prêts FMI accordés à la RDC n’ont en aucune manière bénéficié « à toute la population » et que ses programmes d’ajustement structurel ont plus enrichis les riches que de résoudre la pauvreté. Un beau cas de tartuferie… Voir FAO, complice

La spéculation alimentaire, ce nouveau poison

Depuis 2007, le nouveau « marché » de la spéculation est celui des produits alimentaires qui va bien au-delà des classiques produits de rente tel que café, cacao, arachide, etc., je pense au land grabbing – accaparement des terres (qui se passe aussi en Belgique !) au seul profit des « riches » du Monde qui peuvent les acheter via les conglomérats de l’industrie agro alimentaire et des organisations financières de toutes natures – banques, fonds de pension, assurances, transnationales, etc.

Pour en savoir plus sur ce qu’est la spéculation alimentaire… « La bourse ou la faim ? » Un document France télévisions / Premières Lignes télévision / 2015

Les autorités de la RDC sont complices de cette spéculation au lieu d’entreprendre auprès des autorités financières internationales type FMI, BM, BAD et consorts, l’interdiction de la spéculation alimentaire sur base du droit à l’alimentation… Pure naïveté d’imaginer la RDC exiger le respect du droit, d’une part parce que cela « nuirait aux investisseurs » et d’autre part, parce que ce n’est tout simplement pas de l’intérêt personnel du gouvernement et de son Président…

Car le droit à l’alimentation en tant que droit de l’Homme est caractérisé par :

  • La disponibilité 
  • L’accessibilité requiert la garantie d’un accès économique et physique à l’alimentation. …
  • Le caractère adéquat signifie que l’alimentation doit satisfaire des besoins diététiques tenant compte de l’âge de l’individu, de ses conditions de vie, de sa santé, de son travail, de son sexe, etc. … 
  • L’alimentation doit également être sans danger pour l’homme et exempte de substances nocives, telles que des polluants issus de processus industriels ou agricoles, en ce compris les résidus de pesticides, d’hormones ou de médicaments vétérinaires. Source www.srfood.org

Réduire les importations alimentaires de la RDC, évaluées à 1,5 milliards de dollars

En 2013, le gouvernement dirigé par Matata Ponyo sous la houlette du Président Kabila s’est lancé dans une campagne de promotion et d’investissement sans précédent dans les parcs agro industriels (PAI) sensés régler l’insuffisance alimentaire dont souffre le pays depuis 1987 où il est devenu importateur net de produit alimentaire… Source J.Walege Gbola Wele

En important plus d’un million des tonnes des produits agricoles à hauteur de plus d’un milliard de dollars par an et seulement par les ports de Matadi et de Boma, la Rd Congo est en train d’enrichir les pays voisins et d’autres pays, a dit Alain Huart, un expert agricole, aux membres de l’association des journalistes agricoles du Congo (AJAC), hier lundi 23 mai 2011 au siège du CENADEP.  Ces produits représentent à plus ou moins un million de tonnes des surgelés, du sucre, du lait, d’œufs, d’huile de palme, du blé et autres. Les importations doivent coûter encore plus si l’on prend en compte les autres entrées du pays, comme Kasumbalesa à l’Est. Ainsi les pays bénéficiaires du milliard de dollars de la RDC sont aussi africains comme la Zambie, l’Ouganda, le Rwanda… Source Le Phare on line

Ce montant est repris par tout le monde (Gouvernement, FAO, BM, etc.) pour justifier l’engagement de l’Etat dans le PNIA cité ci-dessus. D’où vient ce chiffre ? De la Banque centrale du Congo – BCC, pour la période 2007-2009 ! Source ERAIFT – Quel développement agricole pour la RDC ? Au vu de l’état de délabrement des institutions et ministères de la République, la Direction Générale des Douanes et Accises DGDA, l’INS, Institut National de Statistique et le Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage seraient-ils vraiment en capacité et compétence d’établir une statistique crédible et vérifiable ?

Rappel : Sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. Sommet mondiale de l’alimentation – Rome 1996

La pauvreté et l’insécurité alimentaire. La faim est un symptôme, une conséquence, une expression de la pauvreté. Les personnes extrêmement pauvres vivent dans l’insécurité alimentaire et sont hautement vulnérables. Néanmoins, tous ceux qui sont pauvres ne sont pas toujours vulnérables à l’insécurité alimentaire. Certaines populations peuvent avoir des revenus faibles sans être toutefois en situation d’insécurité alimentaire. Source Analyse globale de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité 2008

Le ministère de l’agriculture, pêche et élevage ?

Vous connaissez ?

RDC Web Secretariat Agriculture Peche Elevage 150716Il est plutôt difficile de voir l’importance accordée à l’agriculture vu l’état des sites web du Ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage et du Secrétariat général de l’agriculture, pêche et Elevage… C’est pourtant l’un des piliers économiques de la RDC.

Loi agricole / explications et mise en place, contrats avec les entreprises de l’agro industrie, Instituts de formations agronomiques, centres de recherches, pratiques agricoles écologiques, alimentation saine, les jardins scolaires, la multifonctionnalité de l’agriculture, etc… ?

L’accès à l’Internet pour tous n’est déjà pas aisé ; les agriculteurs à qui il est demandé de développer des compétences de toutes natures sont des laissés pour compte… Les entreprises agro industriels connaissent bien les méthodes de l’agriculture conventionnelle ; elles en ont les moyens. Mais les agriculteurs familiaux, les petites coopératives voire entreprises agricoles, les éleveurs et pisciculteurs, les consommateurs ont de grandes difficultés à s’informer, à se former.

Le site de la Primature www.primature.cd affiche régulièrement ses reportages promotionnels sans aucun lien avec ces sites dédiés ! Une politique connue de la dictature : détourner l’attention par des effets d’annonce de quelques réalisations, maintenir la population dans l’ignorance, empêcher tout regroupement en coopérative. Voir MINAGRI Une façade…

Le PNIA – Plan National d’Investissement Agricole – 2013-2020 

En mai 2013, le PNIA, Plan National d’Investissement Agricole – PNIA 2013-2020 a été approuvé : il est le cadre national de planification des fonds internes et extérieurs pour le secteur de l’agriculture et du développement rural.

Pour rappel : Coût total sur 8 ans, 2013 – 2020 : 5,73 milliard USD – Les « 2,04 milliards déjà provisionnés » du privé doivent provenir de prêts extérieurs. Selon Le Potentiel – 03 juin 2014« A ce jour, le gouvernement et ses partenaires techniques ont déjà contribué à hauteur de 2 milliards 46 millions 600 mille dollars américains, soit 35,7% du montant global. Le fonds qui reste à pourvoir est de l’ordre de 3 milliards 684 millions de dollars américains (environ 64,3% du budget total) de ce plan agricole » Qu’en est-il, où est passé l’argent ? Le budget national en fait-il mention de manière expresse, un tel montant en vaudrait la peine ?

La RDC n’est pas à son premier plan. Je vous invite à lire l’étude complète de Philippe Lebailly, Baudouin Michel et Roger Ntoto 2014 – Quel développement agricole pour la RDC ?, vous y trouverez entre autres chose, une liste de ces « plans » :

Depuis l’indépendance du pays, et le plus souvent avec le concours des partenaires financiers internationaux, de nombreux plans et programmes de développement agricole ont été formulés. L’étude du secteur agricole conduite en 2009 par TECSULT-AECOM recense pas moins de 22 plans, à savoir :

  1. Retroussons les manches (Salongo) 1966-1977 ;
  2. Plan intérimaire de relance agricole 1966-1972 ;
  3. Fonds de relance économique (Plan Mobutu) 1978-1981 ;
  4. Programme agricole minimum (PAM) 1980-1981 ;
  5. Programme intérimaire de réhabilitation 1983-1985 ;
  6. Conjoncture économique (Plan de relance agricole) 1982-1984 ;
  7. Programme d’autosuffisance alimentaire (PRAAL) 1987-1990 ;
  8. Programme intérimaire de réhabilitation économique ;
  9. Plan quinquennal de développement économique et social 1985-1990 ;
  10. Programme d’autosuffisance alimentaire (PRAAL) 1990 ;
  11. Plan directeur du développement agricole et rural 1991-2000 ;
  12. Programme national de relance du secteur agricole et rural (PNSAR) 1997-2001 ;
  13. Programme d’urgence d’autosuffisance alimentaire (PUAA) 2000-2003 ;
  14. Programme triennal d’appui aux producteurs du secteur agricole 2000-2003 ;
  15. Actions prioritaires d’urgence (APU) 2002-2003 ;
  16. Document intérimaire de stratégie de réduction de pauvreté (DSRP) 2003 ;
  17. Programme multisectoriel d’urgence de reconstruction et de réhabilitation (PMURR) 2000-2006 ;
  18. Programme national d’urgence de renforcement des capacités (PNURC) ;
  19. Programme indicatif national (PIN) : pour la province du Kivu ;
  20. Programme d’appui à la réhabilitation du secteur agricole et rural (PARSAR) ;
  21. Projet de réhabilitation du secteur agricole dans les provinces du Kasaï- Oriental, Kasaï-Occidental et Katanga (PRESAR) ;
  22. Tables rondes, dont une en agriculture et sécurité alimentaire mars 2004.

Note de politique agricole et de développement rural (NPADR)

Nous soulignerons que, lors de leur mise en place, chacun de ces plans a qualifié l’agriculture de « priorité des priorités ». Ce slogan politique, comme le constatent Nkwembe et Guy (2006), est, cependant, demeuré creux et sans contenu pratique, en termes de décisions concrètes pour sa matérialisation et d’allocations budgétaires suffisantes et conséquentes.

À quoi s’ajoutent d’autres programmes parfois liés au PDDAA comme le PNSA, Programme National de Sécurité Alimentaire ou, des analyses diverses et variées comme : Analyse approfondie de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité (CFSVA) sans oublier ceux de la FMI et BM, le « Documents de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP1 &2) : Il y en a tellement !

Ici, le dernier des derniers plans, le PNIA  avec un budget de 5,7 milliards de dollars initial, clairement soutenu par les mêmes mafias de la finance, BM, BAD, BID, FMI, par la pléthorique et nébuleuse Organisation des NU constituée par FAO, PNUD, PAM, UNICEF, UNESCO, etc., les coopérations internationales (UE, USAID, …) en bilatérale ou par l’intermédiaire des organisations non gouvernementales qui pullulent en RDC, et… évidemment par les lobbies de l’agro-business, cette fois ce programme, c’est le bon !

Le point de vue des organisations paysannes congolaises…

Pour les organisations paysannes congolaises, il est regrettable que cet important programme ait été lancé sans concertation avec elles. Il y a eu en son temps quelques consultations sur le projet de PNIA, mais aucun échange sur le projet des PAI, comme si l’intégration, même minime, des petits exploitants agricoles n’était pas recherchée dans les projets. 

Points de vue des organisations paysannes. Ce que regrettent particulièrement les organisations paysannes, c’est d’abord, l’opacité sur les questions foncières qui entourent la création de ces PAI. Sont notamment visés les aspects qui touchent :

  • aux critères de localisation (les meilleures terres sont réservées aux PAI),
  • à la faible indemnisation des paysans déplacés,
  • à la définition du cadre de relations entre les paysans en périphérie des PAI et les gestionnaires et occupants des PAI, – au statut foncier des parcelles octroyées aux investisseurs,
  • à la sécurisation des personnes qui ont été déplacées (où vont elles pouvoir s’établir sans occuper des terres déjà occupées), ceci pouvant susciter de nouveaux conflits fonciers dans des régions déjà très instables de ce point de vue.

D’un point de vue plus général, les organisations paysannes regrettent qu’aucune étude d’impact environnemental (incluant les impacts fonciers et sociaux relatifs au statut des paysans qui seront embauchés dans les PAI) n’ait été prévue avant l’installation des PAI. Des craintes se font jour quant à des accaparements de terres par des voies détournées, sous couvert de décisions des autorités publiques nationales. 

Les organisations paysannes ne rejettent pas totalement l’initiative de création de PAI mais pour qu’ils puissent réellement contribuer à soutenir les petits producteurs, ils réclament une clarification sur le rôle des PAI dans la formation des exploitants agricoles en périphérie et que d’une façon globale les intérêts des petits paysans soient protégés par un cadre réglementaire négocié avec eux

Le point de vue de l’Alliance AgriCongo

L’Alliance souligne l’incohérence entre ces PAI et les objectifs soutenus par la Belgique à travers notamment la Note stratégique agriculture et sécurité alimentaire :

  • La priorité au sein des PAI est clairement accordée aux investisseurs développant des monocultures intensives et de taille importante, au détriment des petits exploitants agricoles, mettant en œuvre une agriculture plus durable.
  • Plus particulièrement sur les types de productions favorisées, les facilités fiscales accordées aux investisseurs privilégient nettement les activités agro-exportatrices, au détriment des produits vivriers vendus sur les marchés locaux.
  • Les PAI sont orientés essentiellement vers l’agrobusiness et produisent une nourriture à un coût énergétique très élevé ce qui la rendra inaccessible aux 70% des Congolais pauvres. Les PAI risquent par ailleurs de transformer les paysans en main d’œuvre agricole à moindre coût. Les bénéfices du modèle iront dès lors essentiellement à un groupe restreint d’actionnaires, mais ne contribueront pas à un développement socio-économique inclusif du pays.
  • Les enjeux fonciers soulevés par les PAI sont réglés sans cadre légal clarifié, et ne semblent pas correspondre à l’objectif de bonne gouvernance promue à travers la Note stratégique : opacité des procédures d’attribution (par rapport à la loi foncière et à l’article 16 de la loi agricole) et absence de concertation avec les organisations paysannes.
  • Enfin, les impacts budgétaires de la défiscalisation des achats et des ventes agricoles des PAI aura un impact sur les ressources financières de l’Etat et des Régions et introduira des discriminations au détriment des petits exploitants. 

L’Alliance AgriCongo rappelle que, comme l’ont mis en évidence les divers Rapports de l’ancien Rapporteur spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation, Olivier de Schutter, l’agriculture familiale, contrairement à l’agriculture industrielle intensive, permet de produire plus de nourriture et à moindre coût si les paysans utilisent des techniques agro-écologiques. Un cadre politique d’appui et d’encadrement du monde paysan doit permettre aux exploitations familiales de sortir de la subsistance et d’augmenter leur productivité afin de nourrir les centres de consommation. Source SOS FAIM

Toujours de SOS Faim, à la suite du premier article dont sont extraits les lignes ci-dessus : Défi Sud – Parcs de l’espoir ou de la chimère ? Il présente de manière complète ce que j’appelle l’arnaque des PAIs…

Oxfam rapporte une information poussée sur les secrets des céréales ayant comme corollaire, l’agro business… Cereal secrets – The world’s largest grain traders and global agriculture Oxfam research report 2012 : 

Page 20 A l’évidence, la restructuration à grande échelle du paysage alimentaire et agricole a des implications significatives. Les nouveaux types d’investissement et la taille de ces investissements refaçonnent la relation que les petits exploitants agricoles dans les pays en voie de développement ont à la terre et les ressources naturelles (en particulier l’eau), aussi bien que leur accès à la nourriture. Ils ont aussi remodelé le discours public sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, et les processus qui déterminent comment les investissements publics seront faits et comment les marchés seront réglementés. Les nouveaux investissements des commerçants influencent aussi le degré de volatilité des prix alimentaires et ont des impacts physiques en changeant la face physique de la terre, en particulier lorsque les écosystèmes sont modifiés pour satisfaire la production de type colonial.

The wide-scale restructuring of the food and agricultural landscape now in evidence has significant implications. New kinds of investment and the size of those investments are reshaping the relationship that smallholder farmers in developing countries have with the land and natural resources (especially water), as well as their access to food. They have also reshaped public discourse about agriculture and food security, and the processes that determine how public investments will be made and how markets will be regulated. New investments by traders also influence the degree of food price volatility and have physical impacts by changing the physical face of the land, particularly when ecosystems are altered to accommodate plantation-style production. 

Zaïre Actes ONG 20 décembre 1991 Rio 1992En décembre 1991, à peine arrivé à Bukavu, j’ai eu l’occasion d’assister aux travaux de la Consultation Nationale des ONG en préparation de la conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement, le « Sommet de la Terre » qui s’est tenu à Rio de Janeiro en juin 1992. Déjà les questions de « développement durable » apparaissaient cruciales et urgentes, vu l’état de délabrement du pays encore sous le joug de la dictature et du pourrissement des mentalités…

Le modèle de développement de l’agriculture basé sur le PAI est à l’opposé de ce qui avait été préconisé lors Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, tenue à Rio de Janeiro en 1992… Source Sommet de la planète Terre – Juin 1992

Deux décennies ans plus tard…
  • En RDC, près de 70% de la population vit en milieu rural et l’agriculture constitue souvent la principale source de revenu de ces familles. Diplomatie.be
  • 73 % de la population congolaise vit dans l’insécurité alimentaire FAO – 2011
PAI, l’arnaque du Président Joseph Kabila, son Premier Ministre Matata Ponyo et leurs partenaires

Déjà en janvier 2013, un peu avant la création du PNIA – juillet 2013, sort un livre d’interpellation sur l’avenir du Monde. Il s’intitule « Le futur. Six logiciels pour changer le monde » d’un certain Al GoreIl traite des enjeux de l’agriculture en RDC. Le Potentiel Online en a fait un article. Extraits : 

Dans cette nouvelle chasse aux terres arables de l’Afrique, la RDC n’est pas à l’abri. Selon Al Gore, qui se réfère à une analyse de Rights and Resources Initiative, une Ong internationale basée à Washington, « la République démocratique du Congo a signé des accords avec des propriétaires étrangers pour céder 48,8% de ses terres cultivables ».  

Plus explicite, l’ancien vice-président des Etats-Unis affirme que « la Chine a obtenu un agrément avec la République démocratique du Congo sur l’exploitation de l’huile de palme pour des biocarburants sur une étendue de 2,8 millions d’hectares ». « Quant à la part exacte des achats massifs destinés au bio fuel, note Al Gore, les experts sont partagés. La Banque mondiale a calculé que, en 2009, 21% y étaient destinés, alors que l’International Land Coalition estime qu’ils représentent 44% ». 

A voir de plus près, les estimations d’Al Gore paraissent tout à fait minimalistes pour le cas précis de la RDC. Sûrement, la cession des terres arables de la RDC se situe bien au-delà de 50%. 

Alors que le vaste bradage des mines ne s’est pas encore arrêté, un autre, d’une grande amplitude, risque de ruiner complètement l’avenir de la RDC. Les terres arables congolaises sont à protéger et non à brader. Et, l’Etat, garant de la souveraineté et du bien-être du patrimoine commun doit les protéger contre vents et marées. 

Dans une étude intitulée : « Les conflits autour des terres arables en RDC : négligés mais aussi dévastateurs que les guerres à l’Est du pays » de Joël Siku Kasereka, postée sur Internet le 20 mars 2013, l’auteur prédit un scenario apocalyptique pour la RDC. Il note que « la richesse potentielle de la RDC cache des réalités paradoxales ». L’auteur craint une résurgence des conflits autour de l’accès aux terres, notamment cultivables. 

En lieu de rentabiliser ses terres, la RDC a préféré les céder aux étrangers pour une exploitation agro-industrielle qui ne profite nullement à sa population. Recadrer le tir parait plus que jamais inévitable pour éviter un cataclysme national. Source Le Potentiel Online 140703 Près de 50 % des terres arables de la RDC sont bradées 

Et bien non, il n’y aura pas de « recadrage de tir »… Et vous croyez encore que la PNIA, les PAIs sont conçus pour résoudre la question du droit à l’alimentation des citoyens congolais et réduire les importations de produits alimentaires ?

2015 – Tous les articles de www.primature.cd, essentiellement à usage de promotion des autorités, tournent autour des PAI dont l’étonnant pilote PAI de Bukanga Lonzo et celui du Domaine de la N’Sele. Voir www.primature.cd + Recherche « Agriculture » ou « Parc agro industriel »

Regards sur…

Le pouvoir en place utilise une technique bien connue de propagande, dénoncée par Al gore dans son livre (A visionary analysis of how the politics of fear, secrecy, cronyism, and blind faith has combined with the degradation of the public sphere to create an environment dangerously hostile to reason.) : l’utilisation de slogans convenus ou absurde – En offrant une variété de produits alimentaires à des prix abordables, les parcs agro-industriels vont créer un système efficace de production alimentaire qui permettra à la majorité des congolais d’avoir accès à une alimentation équilibrée (sic) Source www.primature.cd 140614 PAI Stratégie audacieuse, de la peur, l’absence d’informations vérifiables et de transparence (le secret) – Voir RDC – PAI Les zones d’ombre, le copinage – Voir RDC – L’arnaque des PAIs – Les complices BM-FAO et l’aveuglement (la foi aveugle).

Une arnaque politique dont les conséquences désastreuses pour la population est prévisible, largement soutenue par les coopérations au développement…

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